Journal d’un vampire en pyjama – Mathias Malzieu

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »
Mathias Malzieu

A bout de force, Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos et écrivain, décide de faire une prise de sang. En pleine sortie du film Jack et la mécanique du cœur, le verdict est sans appel : il est atteint d’une maladie rare ; l’aplasie médulaire. S’en suit alors un quotidien fait de voyages à l’hôpital, de transfusions et de l’attente d’une greffe de moelle osseuse. Cet ouvrage, écrit durant sa maladie, c’est une sorte de journal de bord.

L’univers de Mathias Malzieu, j’en suis tout simplement fan et accro. A chaque sortie d’un nouveau roman, je n’attends pas, je fonce ! J’aime son univers incroyable que je ne retrouve chez aucun autre auteur, sa manière de créer une véritable poésie et d’amener un peu de douceur là où il en manque.
Bref, je me suis précipitée sur Journal d’un vampire en pyjama, mais pour la première fois, je ressors de cette lecture un peu déçue (bon qu’on soit bien d’accord, j’ai quand même aimé assez aimé ce roman malgré tout). Si j’ai retrouvé cet univers poétique à souhait, je n’ai pas eu cette petite touche qui me fait rêver et retomber en enfance. On s’éloigne ici du conte pour adultes pour tomber dans un journal de bord, une sorte d’autobiographie écrite sur an un. On s’approche ici d’un sujet très personnel et grave qui nous touche de près ou de loin. Le combat contre une maladie, l’envie de vivre et la peur.
Malgré la gravité de la situation, l’auteur nous offre un roman plein d’humour et de douceur et ne tombe jamais dans le pathos. Encore une fois, comme dans Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, le roman n’est pas larmoyant. Au contraire, je l’ai trouvé très optimiste et drôle dans la manière dont il est traité. Tout au long du récit, Mathias Malzieu se compare à un vampire contraint de vivre avec le sang des autres pour survivre. Cette métaphore qui nous suit permet d’amoindrir la gravité de la situation.
Il n’oublie pas de nous amener un peu d’amour en nous parlant de sa bien-aimée Rosy : « Rosy, ma boxeuse aux cheveux de sirène est sonnée ». Décidément, ces passages dans lesquels il évoque son amoureuse m’ont bouleversée…
Et puis bien sûr, il y a cette écriture incomparable : plein d’humour, complètement loufoque pourtant tellement poétique…

Même si je n’ai pas été autant transportée qu’avec ses autres romans, j’ai malgré tout aimé retrouver, par petites touches, son univers singulier…

Je remercie la nuit de faire pousser un corps de fée aux bras tendres comme des croissants chauds dans mon lit. Vivre avec Rosy, c’est un peu avoir le droit d’adopter un animal magique. J’ai l’impression d’être les sept nains à la fois et de voir Blanche-Neige transformer la poussière en étincelles. Nuit et jour elle combat à mes côtés. Ecoute. Donne de l’élan. Encourage. Ne baisse jamais la garde. Protège le royaume de mes songes, protège la flamme qui m’anime.

Journal d’un vampire en pyjama, 
Mathias Malzieu, 
Albin Michel, 2016

Plonger – Christophe Ono-dit-Biot

Une supérette de quartier en plein Paris et tout bascule. César tombe sous le charme de Paz. Paz et ses yeux foudroyants, Paz et sa chevelure noire qui ondule. Il finit par la retrouver et en apprendre plus sur cette femme qui l’a complètement envoûtée : elle est espagnole et photographe.
Journaliste, César lui offre une bonne publicité en publiant un article sur son travail. Malgré les bonnes retombées médiatiques, elle lui propose un rendez-vous et lui reproche de ne pas avoir compris le sens de ses œuvres.
Si leur première rencontre est houleuse, Paz et César finissent par former un couple. Un couple tumultueux, passionné, mais un couple quand même. En effet, la jeune femme est d’humeur changeante, parfois amoureuse, parfois froide comme la glace. Quelques années plus tard, ils auront un fils, mais malgré la naissance de leur enfant, la jeune femme reste très lunatique et a des envies d’ailleurs : elle étouffe en Europe et a besoin de découvrir de nouveaux horizons. Elle prend la décision de partir, n’envoyant que quelques nouvelles de temps à autre.
Jusqu’à l’appel fatal : on a retrouvé Paz nue et morte sur une plage d’un pays arabe. César décide alors d’enquêter sur la mort de sa bien-aimée et de raconter, à travers un journal intime, leur relation à leur fils afin qu’il connaisse malgré tout sa mère.

Au fil des pages, on retrace les moments d’amour de ce couple, de leur rencontre à la mort de Paz. On s’embarque dans leur intimité houleuse mais Plonger reste une véritable hymne à l’amour. En tant que lecteur, on est forcément touché, d’une manière ou d’une autre, par ces situations, ces moments du quotidien qui ne manquent pas d’authenticité et de véracité. Tant et si bien que j’ai même fait des recherches – en vain – sur Paz et ses photographies de plages. Même si tout semble être très réaliste, elle reste bel et bien un personnage de fiction (ou en tout cas, elle n’existe pas sous ce nom).
Si Paz est un personnage énigmatique et intéressant, j’ai particulièrement aimé le personnage de César qui voue un amour sans fin à sa compagne. Ce livre, c’est le reflet de son amour… De sa haine, aussi. Ses doutes, ses interrogations puis son enquête dans le nouveau pays d’adoption de Paz m’a tout simplement chamboulée.
J’ai également apprécié la réflexion sur l’art et les artistes que l’auteur cherche à nous transmettre. Que reflète réellement le travail d’un artiste ? En tant que spectateur, consommateur d’art, quelle est ma place dans le travail de l’artiste ? Mais aussi, quelle est la place de l’artiste dans la société ? Est-il, comme c’est suggéré dans l’ouvrage, un être à part ? Bref, Plonger, c’est aussi un roman intelligent et passionnant. Tellement passionnant que je n’ai pas trouvé un passage trop long, trop détaillé. Au contraire, tout est juste (j’ai d’ailleurs eu plusieurs fois du mal à lever le nez et de l’ouvrage et j’ai ben failli rater mes arrêts de bus/train !).
Et puis, la plume de l’auteur m’a transportée. Avec des mots simples et des phrases justes, Christophe Ono-dit-Biot nous entraîne dans un univers singulier mêlant mélancolie, douceur et ironie. J’ai beaucoup aimé retrouver quelques photographies d’œuvres au sein même du roman nous évitant ainsi un aller-retour entre Google et le livre.

Plonger reste indéniablement un roman à découvrir et un gros coup de cœur !

Il semble que l’être humain s’épuise aux yeux de l’autre, comme s’épuisent les gisements d’or. On ne trouve plus d’or en l’autre, alors on le quitte. Tandis qu’il aurait fallu, peut-être, creuser seulement un peu plus loin, partir en quête d’un autre filon.

Plonger
Christophe Ono-dit-Biot, 
Folio, 2015

Méto – Yves Grevet

Soixante-quatre enfants vivent reclus sur une île loin de tout, en totale autarcie. Des enfants enlevés de leur famille, de force ou par choix et qui ont tout oublié de leur vie passée. D’une part, ils ne savent pas ce qu’est une famille (durant l’ouvrage on les voit, par exemple, découvrir le sens des mots « mère », « père », « sœur » ou « frère » de façon très abstraite) mais d’autre part, ils n’ont jamais approché ou vu de filles.
Au sein de la maison, ils sont surveillés par les César qui leur imposent une discipline stricte et rigoureuse. Leur vie est ainsi rythmée selon un programme qui ne laisse aucune pause, aucun répit. Leçons, sport, activités manuelles, les enfants n’ont pas le temps de prendre conscience de leur condition de vie difficile… Dès le moindre faux pas, les garçons finissent au « frigo », un endroit réfrigéré destiné à punir les fauteurs de troubles.
Quand les enfants deviennent trop grands, ils disparaissent et leurs camarades n’ont plus aucune nouvelles d’eux. Cette situation intrigue Méto qui aimerait bien savoir ce qu’ils deviennent et où ils vont. Avec ses amis, il se met en tête de percer le mystère, mais aussi de provoquer la chute de la Maison. Ils forment alors un groupe de rébellion et décident d’en finir avec les César. Mais le chemin pour arriver à leurs fins est loin d’être simple et les garçons n’ont pas fini d’en apprendre sur le fonctionnement de la Maison et au-delà, du Monde.

Depuis quelque temps, cette trilogie me tentait vraiment. En effet, j’essaye de me mettre petit à petit à la littérature ado et jeunesse et celle-ci me semblait parfaite pour me mettre dans le bain. Un roman qui semblait captivant et un thème qui m’a immédiatement convaincue, ceci m’annonçait une belle lecture.
Méto, ce sont de vrais romans de science-fiction décrivant rigoureusement un monde orchestré et stricte. Ce sont également des romans intelligents qui permettent, je pense, aux adolescents et aux plus grands de se poser de vraies questions.
Yves Grevet arrive à créer une réelle ambiance, une réelle atmosphère qui nous montre que l’auteur a particulièrement soigné ce point. Les combats d’« inche » (sport pratiqué au sein de la Maison dont le but est de faire entrer une balle dans une niche à l’aide des dents), les souffrances endurées dans le « frigo », les questionnements sur le Monde, etc. sont autant de points qui nous montrent que l’univers a particulièrement été réfléchi. D’ailleurs, il arrive assez bien à le retransmettre. Assez bien parce que, selon moi, quelques ellipses posent des difficultés à la compréhension générale de l’ouvrage.
Bien sûr, l’histoire vaut aussi le détour. La rébellion des garçons, les coups-bas, les attaques sont des données facilement transposables à notre réalité et à notre monde réel. Même si le personnage central est parfois agaçant, on ne peut oublier son courage et sa force à rebondir dans chaque épreuve. J’ai également apprécié son évolution au fil des romans. On le voit grandir, se poser des questions pertinentes, s’affirmer, ce qui n’a fait qu’augmenter son capital sympathie.
Comme dans la trilogie Hunger Games (par certains points, on peut, je trouve, reconnaître quelques similitudes), j’ai apprécié de découvrir un véritable combat, une véritable révolution pour changer le monde. Malgré quelques longueurs, les pages se tournent sans trop de difficultés et le charme opère rapidement.

Malgré quelques bémols, j’ai vraiment pris plaisir à lire cette trilogie d’aventure et de révolte. Méto reste une trilogie qui vaut la peine d’être lue !

Trilogie Méto
Yves Grevet, 
Syros

Du domaine des murmures – Carole Martinez

1187. Promise à un homme, Esclaramonde, le jour de ses noces, décide d’un tout autre destin : elle se refuse et fait le choix de s’offrir à Dieu. Elle choisit alors de s’emmurer et de plus jamais sortir de sa geôle. Son quotidien sera alors fait de prières et de méditation.
Mais son destin n’est pas encore complètement tracé. Quelques jours avant de s’enfermer à jamais, elle part se balader en forêt, profiter de ses derniers instants de liberté. Elle fait alors la rencontre d’un homme saoule qui la viole avant de s’enfuir.
Quelques mois plus tard, elle n’a d’autre choix d’accepter la réalité ; elle est enceinte et sur le point d’accoucher. Il faudra alors justifier la présence de l’enfant dans sa prison… Dire la vérité serait une insulte à sa famille, mais aussi à son choix de vie. Elle choisit alors de faire croire à un miracle.
Sa vie qui devait être solitaire sera en réalité toute autre : elle deviendra une mère, une conseillère, une confidente, une sainte à consulter.

Très franchement, ce n’est pas du tout le genre de livre qui m’attire en temps normal : l’époque, l’histoire auraient pu être rédhibitoire, et pourtant… Si j’ai eu envie de franchir le pas, c’est d’une part pour le succès de ce roman largement récompensé (le Prix Goncourt des lycéens en 2011, le prix des lecteurs de Corse, le prix des Écrivains du Sud, etc.) mais également pour les avis rencontrés ici ou là…
Lors des premières pages, je n’étais pas emballée : l’écriture et l’histoire ne me plaisaient que très moyennement. J’ai clairement eu envie d’abandonner et d’y revenir plus tard… Mais j’ai persévéré et BINGO ! Au fil des pages, j’ai fini par apprécier ce qui, au départ, me rebutait.
A commencer par l’histoire, très originale. Malgré quelques longueurs, j’ai fini par me prendre au jeu. L’intrigue nous permet d’en apprendre beaucoup et d’approfondir certaines connaissances sur les conditions de vie, les mœurs de l’époque : la place de la religion, les croisades, les mariages arrangés et j’en passe. J’ai également apprécié de constater que les femmes ont en fait plus de place que je le pensais. Avec la protagoniste, on constate que celle-ci devient, malgré son enfermement, celle qui tient les rênes, qui dirige de loin la survie du château, accompagnée de sa belle-mère Douce.
Quant à l’écriture, je l’ai trouvée finalement en parfaite adéquation. En empruntant des mots d’époque, le lecteur se retrouve finalement très vite ancré dans une époque. J’ai vraiment apprécié cette plume soutenue, pleine de détails et de finesse.

Alors voilà, même si Du domaine des murmures partait avec beaucoup d’éléments qui auraient pu me déplaire, j’ai finalement été captivée voire conquise par cette lecture (des fois, il est bon d’aller voir un peu au-delà de nos goûts). Je me laisserais certainement tentée par Le cœur cousu prochainement.

Du domaine des murmures, 
Carole Martinez, 
Folio, 2013

Les vieux fourneaux, Tome 3 Celui qui part – Lupano & Cauuet

Pour retrouver la pêche, rien de tel qu’une lecture des Vieux Fourneaux ! Il faut dire que les deux premiers tomes m’avaient enchantée (je ne les ai malheureusement jamais chroniqués). Cauuet et Lupano nous plonge à nouveaux dans le passé (et le présent !) de trois vieux messieurs plutôt originaux.

Ce nouvel opus s’ouvre sur une soirée mouvementée, aux conditions climatiques plus que difficiles. La pluie s’abat de manière impressionnante sur la vieille maison qu’habitent Antoine, Mimile, Sophie ainsi que la petite Juliette et prend l’eau. Alors que nos deux compères s’occupent des fuites comme ils peuvent, la voisine, Berthe, appelle Sophie à la rescousse car ses brebis sont en train de se noyer. Elle ne s’attend pas à tomber sur Antoine, qui en profite pour faire remonter à la surface de vieilles querelles, de vieilles histoires Que s’est-il passé entre Berthe et les gens du village pour que celle-ci soit tant détestée ?
Pendant ce temps, Pierrot poursuit ses actions militantes. Déguisé en abeille, il proteste comme les pesticides qui tuent des milliers d’abeilles et finit… au poste de police !
Enfin, qui est ce vieil australien nommé Errol qui a débarqué au village et qui semble désespérément chercher « le Biouche » ? Tout au long de l’ouvrage, en nous présentant un petit moment de vie, Lupano et Cauuet vont tenter d’éclairer les lecteurs sur le passé et le présent de nos trois protagonistes.

Une fois la série commencée, il est clairement impossible de passer à côté d’un nouvel opus. Il faut dire que les trois hommes sont si attachants que ce n’est pas le genre de personnage que l’on abandonne en cours de chemin. Et puis, ils sont drôles, sympathiques, butés. Bref, ils ont tout pour me plaire !
Si les deux premiers tomes m’avaient fait mourir de rire, je dois bien avouer que celui-ci m’a moins bidonnée. Pour autant, je ne suis pas déçue par ce tome trois, bien au contraire. Ici, on découvre le passé de Mimile, personnage qui m’avait semblé plus en retrait jusqu’alors. Au fil de l’histoire, on apprend à le connaître, à lui faire une place dans cette série et à l’apprécier autant que ses camarades. Autre personnage qui prend de plus en plus de place, c’est celui de Sophie. Au fil des tomes, celle-ci montre son tempérament bien trempé, ce qui n’est pas pour me déplaire.
Ce qui m’enthousiasme particulièrement dans cette série, c’est le fait de me plonger dans une époque et de découvrir une lutte, des hommes militants et activistes. D’accord ou pas d’accord avec celles-ci, je trouve néanmoins intéressant d’avoir un point de vue sur les conditions et les problématiques du passé. D’ailleurs, on ne parle pas que de passé ! On voit que les combats sont aussi présents, même s’ils sont différents.
Côté dessin, j’ai apprécié de retrouver ces planches colorées, festives et détaillées qui collent à merveille aux propos de l’ouvrage. Lorsqu’on fait un bond dans le passé, on retrouve des couleurs délavées, dans des tons de sépia qui sont un excellent moyen de situer la lecture dans un espace temporel.

Bref, encore une lecture délicieuse, touchante et drôle qui mérite d’être découverte !

Les avis de Un amour de BD, Noukette, Violette, Jérôme, Mo.

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574
Chez Yaneck

rentréelogo2015
Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
9/6

Les vieux fourneaux, Tome 3 celui qui part, 
Lupano & Cauuet, 
Dargaud, 2015

Profession du père – Sorj Chalandon

A travers cet ouvrage, Emile Choulan, treize ans, raconte son enfance tourmentée par un père violent et mythomane et par une mère impuissante.
A chaque rentrée scolaire notre protagoniste doit remplir la fameuse case « profession du père ». Et malgré l’apparente facilité de la question, celle-ci reste souvent vide. Le problème, c’est que son père a, pour ainsi dire, tout fait ; à la fois footballeur, judoka, chanteur, prêtre, parachutiste, conseiller du Général De Gaulle, et j’en passe. Celui-ci a exercé tant de professions dans sa vie que notre protagoniste ne sait plus vraiment ce qu’il est. Jusqu’au jour où celui-ci finit par lâcher : « tu n’as qu’à dire que je suis agent secret ». Pour Emile, tout s’explique : il comprend alors pourquoi personne ne peut pénétrer dans leur maison, pourquoi tant de secret autour de sa profession. Ce jour-là, basé sous le signe des confidences, il apprend également que son parrain n’est autre que Ted, un soldat américain, pour qui le petit vouera une admiration sans fin et ce, même s’il ne l’a jamais rencontré. Ted prend en charge l’éducation d’Emile, élève médiocre via lettres interposées. Il ordonne à son père de le battre pour ses mauvaises notes et de le féliciter pour ses bonnes actions.
La vie d’Emile se déroule ainsi, entre mensonges et violence. Jusqu’au jour où son père lui demande de tuer De Gaulle qui l’a trahi. S’il est en premier lieu effrayé par la grandeur de la tâche, il fera tout pour rendre Ted et son père fiers de lui.

La première chose que l’on peut dire de ce roman, c’est qu’il nous questionne sur un nombre incalculable de points, d’autant plus lorsqu’on apprend que tout ceci a constitué l’enfance de l’auteur. En ce sens, il est parfois difficile d’apporter de réels jugements à Profession du père. De quel droit, nous lecteurs, avons-nous le droit de dire ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ? Néanmoins, une chose est certaine : Sorj Chalandon ne nous ménage pas. Ainsi, on comprend en quoi ce roman a pu être nécessaire pour tourner la page. Entre excès de violence et mensonges à foison, on comprend très rapidement que l’enfance d’Emile Choulan a été loin d’être tranquille. Mère et fils ont-ils vraiment cru aux anecdotes farfelues du père ? Comment se fait-il qu’il n’est pas été diagnostiqué plus tôt ? Comment se fait-il que le médecin de famille aie cru aux histoires racontées ? Ce sont certainement ces questions qui revenaient comme un leitmotiv qui m’ont permis de tant apprécier l’œuvre. Car, je dois bien l’avouer, à la lecture des premières pages, je me suis un peu ennuyée. Les multiples mensonges du père m’ont parfois donné l’impression de tourner en rond, tout me semblait si fouillis. Et puis, progressivement, je me suis apprivoisé le roman, j’ai mis de l’ordre dans ma lecture pour finalement reconnaître des qualités certaines à l’ouvrage.
On s’attache sans difficulté à notre protagoniste qu’on souhaiterait aider tant sa détresse est importante. Violenté, manipulé par son père, souffrant parfois du manque d’amour, il devient lui-même un manipulateur, capable d’entraîner ses camarades de classe dans des histoires invraisemblables. Malgré tout, il reste un enfant qu’on a envie de prendre sous son aile, de lui faire prendre conscience de la situation. Quant à sa mère, on la sent à la fois totalement impuissante et soumise face à cet homme tyrannique. Durant tout l’ouvrage, elle exprime à sa manière son amour à son fils, malgré la peur qui semble la tenailler. Bref, j’ai été totalement bouleversée par ces deux personnages centraux qui n’ont pas été épargnés.
Si quelques passages m’ont choquée par leur violence psychologique et physique, j’ai néanmoins apprécié cette écriture fluide et simple. L’auteur va droit au but et exprime ses idées sans fioritures et sans excès.
Un bel ouvrage à découvrir !

L’avis de Violette

Une interview de Sorj Chalandon à propos de Profession du père.

rentréelogo2015
Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
8/6

Profession du père, 
Sorj Chalandon, 
Grasset, 2015

Moi après mois – Janvier

IMG_0959

Se balader autour du lac d’Aiguebelette pour digérer tous les excès / Une journée sous la couette entre somnolences et télévision / Django unchained pour la millième fois / Visiter Annecy sous la pluie / Des souvenirs qui remontent à la surface / Quelques boutiques plus tard… / Courir dans les rayons d’un supermarché pour trouver de la pâte à tartiner / Une soirée crêpes improvisée / Parler voyage avec Chloé / Retrouver un ami autour d’un thé / Se balader dans Lyon / Se sentir seule après avoir été tant entourée / Prendre de bonnes résolutions et commencer le Top Body Challenge (ou pas) / Traîner chez moi / Quand tu reçois enfin ta Box / Blogguer un peu, beaucoup, passionnément / Des week-end qui se remplissent / Quand ce jour-là tu serais bien restée chez toi / Ce médecin qui vous donne la pêche / Se retrouver autour d’un tartare de daurade-saumon et de frites / Discuter de mes projets / Faire un peu (trop) les soldes / Prolonger une conversation par sms / Se sentir mélancolique / Plonger puis rebondir / Pleurer puis sourire / Des inquiétudes qu’on ne dit pas / Retrouver avec douceur ma Léa / Ces dimanches silencieux, sous les plaids / Quand mon train est toujours en retard / Des frissons en lisant Glacé / Souhaiter l’anniversaire de ma meilleure amie et se demander où sont passés nos moments de complicité / Un rendez-vous annulé / Des bouffées de stress au travail / Quand ta box ne fonctionne pas / Rattraper mon retard de lecture bloggesque / Le spectacle d’une conteuse qui m’amuse autant que les enfants dans la salle / Les sms échangés avec ma Camo / Travailler de la maison en regardant tomber les flocons / Sortir enfin ce bonnet acheté pour les grands jours de froid / Prendre une grande décision professionnelle après tant d’hésitation / Commander des bouquins pour préparer un concours de la fonction publique / Annoncer la nouvelle à droite à gauche / Le dernier Tarantino qui n’est pas à la hauteur de mes attentes / Découvrir un beau manteau blanc au réveil / Retrouver ma Simo, discuter, rire, se balader dans les rues de Lyon, faire les boutiques et se dire que tout n’est pas fini / Bonnet, manteau, sac VS chocolat chaud et café / Contenir sa colère / « Ton bonnet ressemble maintenant à un animal mort » / Un samedi soir en famille / Le texto de ma Chloé❤ / Un dimanche tout en douceur / Trouver l’inspiration culinaire sur Pinterest / Ne pas reconnaître le travail fourni / Retourner sa veste et faire culpabiliser l’autre / Abandonner mon blog une énième fois ? / Désolée comme jamais / Rentrer à la maison épuisée / Se plonger dans une salle obscure un dimanche après-midi… Le meilleur moment de la semaine / Le goût des merveilles m’émeut profondément / Profiter des derniers moments à la maison / Rentrer tard et regarder Top chef d’un œil / Enchaîner les journées de réflexion professionnelle culturelle / Faire le plein d’essais et de livre scientifiques / Janvier, une soif culturelle inépuisable / Faire le plein de BD à la bibliothèque / Ce jour où j’achète mon premier livre jeunesse / Avoir besoin de vacances. Vraiment ! / Une soirée à Lyon / Prendre des photos sous des tag douteux et rire comme si on avait quinze ans / Dîner avec Marine et Simo ou comment embarquer dans une machine à remonter le temps / Programmer des week-ends aux quatre coins de la France / Hiberner un peu. Beaucoup / Bonjour février !

Sur une idée de Moka