Vie Sauvage – Cédric Kahn

A sa sortie, j’ai souhaité voir ce film, même si l’histoire de cette famille m’était totalement inconnue. Mathieu Kassovitz est également l’un de ces acteurs que j’aime particulièrement par son engagement.

Nora et Paco vivent avec leurs trois enfants à l’écart du monde traditionnel. Après avoir pris la route pendant des années, ils se sont sédentarisés et habitent dans des caravanes en pleine nature. Ils vivent essentiellement de leur élevage, de petits travaux, etc.
Mais Nora décide subitement de changer de vie et de retourner à la vie « normale ». C’est ainsi qu’elle enlève ses enfants de leur père pour se réfugier chez ses propres parents. Les raisons de son départ ? L’envie d’avoir une maison, de voir ses fils aller à l’école et manger tous les jours à leur faim.
Paco tente par tous les moyens de récupérer ses fils mais tant que tant qu’un jugement n’aura pas été prononcé, les enfants doivent rester avec leur mère.
Alors qu’ils doivent passer quelques jours avec leur père pendant les vacances scolaires, Paco enlève deux de ses films pour les préserver de la société de consommation et de son système marchand.
Pendant une dizaine d’années, traqués par la police et recherchés par leur mère, les enfants vont vivre en communion avec la nature et les animaux, dans des communautés, des mas, des greniers.
Mais ces enfants, devenus adolescents, vont vite prendre connaissance et conscience de leur mode de vie et vont aspirer de plus en plus à une vie normale…

Le film se construit autour de deux époques : durant la première, les deux fils ont 6 et 7 ans puis une longue ellipse de dix ans nous mène vers l’adolescence voire même l’entrée dans l’âge adulte des enfants. En construisant le film ainsi, il devient difficile de s’attacher pleinement aux personnages, ce qui ne m’a pas dérangée pour autant.
Le jeu des acteurs est fort, notamment celui de Céline Sallette qui se métamorphose au long du film : quittant petit à petit son rôle de « hippie » pour rentrer finalement dans le moule. Malheureusement, l’actrice restera assez en retrait puisque Cédric Kahn prend le parti pris de ne suivre que le destin du père et ses enfants. Nora ne réapparaîtra qu’à la fin du film. Néanmoins, le réalisateur ne prend pas vraiment position et ne souhaite pas condamner le choix du père ou de la mère. Pour le spectateur, il devient difficile de trouver sa place dans ce duo parti en guerre. On comprend à la fois la position de la mère qui souhaite le meilleur pour ses enfants, mais on voit également l’enfance heureuse et simple des garçons.
Côté images, Cédric Kahn nous coupe le souffle en nous faisant voyager à travers la France. Loin des autoroutes et du bruit de la ville, on redécouvre la beauté de la nature. Des scènes d’une grande justesse, même si le film accuse parfois quelques longueurs.

Un film d’une grande force qui nous amène à nous poser quelques questions.

Vie Sauvage,
Cédric Kahn,
2014

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2 réflexions sur “Vie Sauvage – Cédric Kahn

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