Un parfum d’herbe coupée – Nicolas Delesalle


La grand-mère de Kolia, le narrateur, vient de mourir et son grand-père, atteint d’Alzheimer, ne trouve rien de mieux que de lui dire : « Tout passe, tout casse, tout lasse ». Une phrase qui le traumatisera pendant des années, raison pour laquelle il décide d’écrire cet ouvrage destiné à son arrière-petite-fille fictive, Anna. Il raconte alors ces quelques bouts de vie qui ont marqué son existence dans le but de lui faire connaître ce qu’était la vie de son ancêtre qu’elle ne rencontrera jamais.
Sa mère russe, son père français ; ses amoureuses ; Raspoutine, le berger allemand ; des livres ; des anecdotes ; des rencontres qui vous marquent ; la route des vacances ; quelques voitures.
De chapitres en chapitres, c’est une nouvelle parenthèse qui s’ouvre à divers moments de sa vie, à différents âges…

Si j’étais un peu réticente à entrer dans les souvenirs d’un inconnu qui ont finalement formé une vie, si je ne pensais pas être touchée par ce roman, mes craintes et mes doutes se sont très vite dissipés.
On entre lentement dans un univers doux, nostalgique et magique à la fois, le tout grâce à une plume maîtrisée, fluide et délicate. Un univers qui parle finalement à tous car ces moments de vie peuvent être partagés par chacun d’entre nous : le décès d’un ami, d’un animal de compagnie, les départs en vacances, les premiers amours, ces livres qui ont marqué un temps de notre existence, des émissions de télévision qu’on a aimé.
On termine chaque chapitre un peu nostalgique de cette enfance ou adolescence qui s’éloigne lentement mais aussi optimiste face à l’avenir à construire. J’ai aimé l’alternance de sentiments du roman : ton humoristique, mélancolique ou triste, chaque chapitre nous permet de faire face à un nouveau ressenti sans pour autant sombrer dans le pathos ou la mièvrerie. Chaque petite anecdote est terminée par une chute plus ou moins drôle, plus ou moins légère qui provoque une envie de tourner les pages un peu plus vite.

Un parfum d’herbe coupée est un roman drôle, sensible et nostalgique… Un roman feel-good parfait pour l’été !

Jusque là, je n’étais jamais entré dans une librairie. J’avais peur des librairies comme j’avais peur des livres. A mes yeux, les librairies étaient des temples austères, les libraires des moines érudits et effrayants, il était évident que les libraires avaient lu absolument tous les livres qu’ils vendaient et il m’arrivait de scruter discrètement leur front, que je jugeais toujours bombé, en imaginant combien d’histoires dansaient là-dessous.
Pages 95-96

Un parfum d’herbe coupée, 
Nicolas DELESALLE
Préludes, 2015

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4 réflexions sur “Un parfum d’herbe coupée – Nicolas Delesalle

  1. Ravie qu’il t’ait plu, surtout qu’il m’a rappelé sûrement plus de souvenirs qu’à toi…
    C’est vrai qu’il se lit bien, un roman tout simple, des flashbacks qui se succèdent… C’est chouette !

    J'aime

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