Moby Dick, Livre Premier – Chabouté

Ismaël a pour ambition de devenir harponneur. Mais ce qui l’attire avant tout, c’est de découvrir le monde et de partir à la chasse à la baleine. C’est donc tout naturellement qu’il se rend dans la ville de Nantucket pour y décrocher un emploi.
Arrivé à destination, il rencontre Queequeg un cannibale qui va être son compagnon de chambre dans l’auberge où il loge et qui va lui être d’une grande aide pour embarquer durant trois ans sur le Pequod, un navire dirigé par le capitaine Achab. Mais ce dernier n’a qu’une seule idée en tête : capturer et tuer Moby Dick, LA baleine blanche qui lui a dévoré la jambe.
C’est donc avec une forte envie de vengeance que le capitaine va diriger son équipage vers sa quête…

Si je ne connaissais absolument pas l’œuvre Moby Dick, j’ai eu envie de lire cette adaptation car Chabouté est l’un de ces dessinateurs dont j’apprécie vraiment le travail.
Dans un décor tout de noir et de blanc, il nous entraîne dans cette aventure que l’on imagine déjà perdue d’avance. Ce choix rend l’intrigue particulièrement intense, forte et grave. On sent immédiatement que le danger rôde, qu’il n’est pas loin et qu’il ne suffit d’un rien pour que tout bascule. Le tout forme une ambiance de huis-clos angoissante et obsédante. Beaucoup de silences composent l’ouvrage, des silences qui en disent long sur la vie de ces marins à bord et  qui représentent à merveille cette mer qui ondule. Vraiment, j’ai été subjuguée par ces planches et par cette manière de représenter les personnages.
Par contre, côté scénario, je crois que je suis passée à côté de l’histoire… A moins que le second tome ne soit une réelle révélation, je dois bien l’avouer, ce premier livre m’a laissé de marbre… Quelques longueurs, un manque d’action et une chute bien trop brutale (qui donne cependant envie de se plonger sans attendre dans le second tome)… J’ai néanmoins apprécié ces personnages énigmatiques et bien travaillé : qui sont-ils ? Pourquoi cette obsession ? Quel mystère règne autour du capitaine Achab ? Autant de questions, qui, je l’espère nous apparaîtrons plus claires dans le second tome que j’espère découvrir bientôt.

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Chez Noukette

Moby Dick, Livre premier,
Chabouté, 
Vents d’Ouest, 2014

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Le quatrième mur – Sorj Chalandon

Georges est un étudiant militant. Durant ses études, il rencontre Samuel Akounis, un juif Salonique dont les parents sont décédés à Birkenau. Malgré les quelques années qui les séparent, tous deux deviennent des amis très proches. Et même si en avançant dans la vie les deux amis se perdent un peu de vue leur amitié reste forte, très forte.
Quelques années plus tard, Samuel, atteint d’une maladie, demande à George de mettre en scène Antigone de Jean Anouilh au Liban en pleine guerre et avec des acteurs de différentes religions et de différentes nationalités. Celui-ci finit par accepter et il délaisse alors sa femme et sa petite fille Louise pour mener à bien cette mission, malgré les risques et les difficultés qu’elle comprend.
Mais ce projet utopiste pourra-t-il vraiment voir le jour dans un pays où toutes les nationalités se déchirent ?

J’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à me lancer dans cette lecture. Les premières pages du roman nous propulsent immédiatement dans l’intrigue, brutalement. Le lecteur n’est pas ménagé, il ne sait pas où il se trouve et cherche des repères. La violence est immédiate. Bref, je me suis demandé s’il ne fallait pas abandonner cette lecture… Et puis je me suis accrochée et je suis rentrée dans l’histoire. Et je bien l’avouer, j’aurai été déçue de passer à côté de roman dont on ne ressort pas indemne. Car le quatrième mur est un roman dur, qui expose le lecteur aux violences les plus terribles de la guerre. Peu de répit est proposé dans cette narration. C’est bien sous les bombes et les attaques armées qu’une grande partie de l’histoire nous est racontée.
Oeuvre captivante et forte, Sorj Chalandon nous plonge au cœur d’une tragédie qui bouleversera chacun des personnages. Si le projet peut paraître utopiste, j’ai aimé la force des protagonistes ; en premier lieu celle de Sam qui a eu l’idée de ce projet fou, ambitieux et terriblement beau. Celle de Georges qui trouve la force de reprendre en main le projet, d’abandonner les siens au risque de perdre sa personnalité. Et puis aussi celle de sa femme qui accepte, qui pardonne et qui attend. Sans oublier celle des acteurs de la pièce qui acceptent d’oublier les différences le temps d’un instant.

Le quatrième mur est donc un livre fort et poignant qui laisse des traces aux lecteurs… Un livre beau aussi qui montre de belles initiatives pour rassembler les peuples…

L’avis de Violette.

Le théâtre était devenu mon lieu de résistance. Mon arme de dénonciation. À ceux qui me reprochaient de quitter le combat, je répétais la phrase de Beaumarchais : Le théâtre? « Un géant qui blesse à mort tout ce qu’il frappe. »

Le quatrième Mur,
Sorj Chalandon,

Editions le Livre de Poche, 2014

Amorostasia – Cyril Bonin

Alors qu’une femme de ménage se rend chez sa patronne, elle retrouve celle-ci statufiée, une lettre comportant une demande en mariage à la main. D’autres cas suivront : un couple pétrifié dans la rue s’embrassant, un autre dans une voiture bloquant la circulation, etc. Cette nouvelle épidémie, c’est l’amorostasie, un virus qui ralentit vos battements de cœur, vous plonge dans un état cataleptique. Et celle-ci inquiète particulièrement les autorités car le virus touche de plus en plus de personnes dans la capitale, puis, progressivement, dans le reste dans la France. Le problème est d’autant plus inquiétant que les scientifiques ne trouvent aucun remède au problème.
Chez les couples, cette nouvelle affole : certains décident de fuir Paris, d’autres de faire chambre à part et d’autres encore de se quitter car ils n’ont pas été pétrifiés. Un sentiment de méfiance envers l’amour et les femmes naît alors, provoquant une paranoïa constante.
Olga, journaliste aux Murmures de Paris est chargée d’enquêter sur ce phénomène. Comme tous, elle cherche à connaître la vérité et à venir à bout de ce mal…

Depuis sa sortie, j’ai eu envie de découvrir ce livre… Mieux vaut tard que jamais, Amorostasia est enfin entre mes mains il a répondu à l’ensemble de mes attentes !

Quel album original ! En 120 pages, l’auteur arrive à mener une réflexion sur l’amour et les sentiments en y ajoutant des touches de fantastique. Finalement, le lecteur est amené à se poser plusieurs types de question à la lecture de ce roman graphique : qu’est-ce que l’amour ? Peut-on aimer sans être amoureux ? Et ce coup de foudre dont on parle tant, ne peut-il pas se résumer à une arme destructrice, emportant tout sur son passage ? Libre à chacun de réfléchir, de s’interroger (ou pas) sur le sentiment amoureux.
On y trouve également une belle réflexion sur la place des femmes dans la société puisque seules les femmes doivent porter le « brassard de l’amour » pour signifier qu’elles ont fait une victime. Cette discrimination qui peut paraître anodine créera pourtant beaucoup de soucis à notre héroïne qui aura des difficultés à trouver un logement, qui sera pointée du doigt dans la rue et refusée des taxis. Cette situation qui nous rappelle des pages sombres de l’histoire, mais que l’on peut aussi rapprocher des discriminations actuelles. Bref, j’ai trouvé ce récit intelligent, vraiment !
Le scenario, quant à lui, est prenant et bien construit, même si j’émettrais une petite réserve pour la fin qui me paraissait un peu prévisible et brusque. Néanmoins, le second tome me permettra peut-être de revenir sur mon jugement. Les personnages sont creusés, intéressants. J’ai particulièrement été sensible au dessin, tout en noir et blanc, qui colle parfaitement à l’ambiance de la bande dessinée. Le trait est fin, délicat, détaillé… Tout ce que j’aime !

Un album intelligent et beau qui vaut le détour, si ce n’est pas déjà fait.

Les avis de Marion, Moka, NouketteCristie et Yaneck.

Je remercie Price Minister pour ce partenariat !

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Chez Noukette

Amorostasia
Cyril Bonin, 
Futuropolis, 2013

La maladroite – Alexandre Seurat

L’ouvrage s’ouvre sur la disparition de Diana, 8 ans.
Dès la publication des premiers avis de recherche et photographie, l’une de ses anciennes institutrices se souvient de ce besoin d’affection, de ces traces partout sur son corps, de cette maladresse sans cesse évoquée… Alors elle raconte : ses recherches, la tenue d’un carnet, les démarches pour alerter les services sociaux. Le départ de la petite pour une nouvelle. Puis d’autres viendront témoigner : la tante, la grand-mère, de nouveaux instituteurs, de nouveaux directeurs d’école, son frère, les gendarmes. Mais les parents, eux, n’auront pas le droit à la parole. Des récits qui s’emmêlent pour raconter les souffrances de la petite, les doutes, les peurs de chacun.
Si tous avaient des doutes, si certains savaient aucun n’a pu aider Diana et la sortir de ce piège qui se refermait lentement sur elle…

Une claque ! Je pense qu’il n’y a pas d’autres mots.
J’ai refermé l’ouvrage la gorge serrée, secouée par ce récit inspiré de faits réels. Sans vraiment dénoncer des coupables ou pointer du doigt ceux qui ont préféré ne pas y croire, l’auteur arrive à créer un récit qui ne tombe pas dans le pathos car tout est raconté de manière détournée. On devine les souffrances qu’a pu endurer la fillette, les images viennent forcément en tête mais le lecteur n’est jamais confronté à une situation difficile qui pourrait le mettre mal à l’aise.
Bien sûr, l’ouvrage vous prend aux tripes et l’on ne peut sortir indifférent de ce récit, mais je dois également saluer la merveilleuse écriture de l’auteur et cette manière originale dont les faits sont racontés. A l’aide de plusieurs voix, on comprend l’histoire de Diana de sa naissance à sa disparition. Des voix qui racontent, qui doutent, qui dénoncent. Des voix neutres qui n’ont pas de prénom, pas de nom. Juste un qualificatif, une fonction : un gendarme, une maîtresse, la grand-mère. Des mots qui nous montrent bien que n’importe qui aurait pu être confronté à cette situation.
Un récit qui fait sacrément cogiter, à mettre entre toutes les mains !

Je remercie Price Minister pour ce beau partenariat !

Les avis de Noukette et Milles et une frasques.

rentréelogo2015Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
1/6

La Maladroite,
Alexandre Seurat, 
Editions du Rouergue, 2015

Trompe-la-Mort – Jean-Michel Guenassia

Tom Larch est né d’un père anglais et d’une mère indienne. Il vit à New-Delhi entourés de parents qui travaillent beaucoup mais qui œuvrent pour sa bonne éducation. A l’âge de huit ans, son père trouve un travail à Londres et sa famille est contrainte de quitter l’Inde pour l’Angleterre. Son adaptation est difficile : Tom ne se sent pas bien dans ce nouveau pays, sa couleur de peau dérange parfois. Heureusement, il rencontre d’autres familles indiennes avec qui il peut partager ses coutumes.
Quelques mois après leur installation, sa mère tombe gravement malade. Quant à son père, il s’éloigne de plus en plus, trop préoccupé par son travail et ses responsabilités.
Alors qu’il se rend à un concert avec des amis, Tom surprend son père aux bras d’une autre femme. Une fracture s’ouvre alors… Plus jamais il ne parlera à son père comme avant et quand sa mère mourra de sa maladie, Tom coupera tous les ponts avec lui.
A dix-huit ans, il décide de s’engager dans les Royal Marines. Trompe-la-Mort deviendra son surnom car il survivra aux pires blessures. Un accident attirera l’attention d’une journaliste qui décidera d’en faire un documentaire. Cette médiatisation suscitera l’intérêt d’un homme qui lui proposera une mission en Inde. D’aventures en aventures nous découvrirons plus en profondeur la personnalité de cet homme immortel.

Jean-Michel Guenassia fait aujourd’hui parti de mes incontournables car l’auteur est un véritable conteur qui réussit à coup sûr à me passionner ! Trompe-la-Mort n’a pas dérogé à la règle. Avec un peu moins de 400 pages (qui se tournent très, très vite tant le récit est passionnant), le lecteur se retrouve plongé dans le destin d’un homme de sa naissance à un âge avancé.
Si au début du roman on peut trouver Tom Larch agaçant et violent, sa mission en Inde nous permettra de découvrir sa véritable personnalité : de nature franche et humaine, il ne recherche pas la gloire mais cherche plutôt à faire le bien. En ce sens, on admire autant qu’on aime ce personnage. Son retour aux sources permet d’ailleurs de se questionner sur la culture, sur la manière dont on peut être vu et s’intégrer dans un pays. Toutes ces réflexions sont très actuelles et nous interrogent sur la double nationalité, l’importance de la culture dans le développement personnel.
Mais l’auteur ne s’arrête pas là : en nous proposant de belles descriptions sur l’Inde et ses coutumes, on a très vite l’impression d’y être. La fiction se mélange au réel. Tout est fait pour qu’on y croit, et moi j’y ai tellement cru que j’ai été déçue de quitter ces personnages, de devoir arrêter ma lecture ici. Bref, c’est encore un véritable coup de cœur et j’attends avec impatience de me lancer dans une nouvelle aventure de l’auteur !

Trompe-la-Mort,
Jean-Michel Guenassia,
Albin Michel, 2015

Moi après Mois – Août

SAMSUNG CSC

Templo de Debod – Madrid

Un départ à Madrid le cœur serré / Voir en seul coup d’œil qui a l’habitude de prendre l’avion et qui ne l’a pas (moi, par exemple) / « La température extérieure est de 36° » (oh ouiii !) / Attendre un sac qui ne viendra jamais / Chercher désespérément le bureau des réclamations Easy Jet / Votre sac est resté à Lyon… / Visiter la ville, manger les premiers tapas / Rencontrer mes colocataires durant deux semaines / Partir à la recherche de vêtements pour quelques jours / Une première journée de travail / Prendre doucement le rythme espagnol / Un sac à dos retrouvé / Se promener et se perdre dans les rues de Madrid / « no habla español » / Visiter le musée du Prado à la pire heure / « Après mai » à la cinémathèque espagnole / Commencer Le voyage d’Octavio et se restreindre à quelques pages par jours pour faire durer le plaisir / Un tartare de poulpe avec une sauce aux olives noires / Les siestes espagnoles / « Nymphomaniac » à la cinémathèque  Plaza Mayor, Palacio Real, Placa España, Mercado San Miguel, Sol et ses magasins et le musée du Prado / Une jupe en jeans / Un sandwich aux calamars / Un mémoire au point mort /  Une matinée au lit / Un air de feria / Danser le flamenco dans un bar de Madrid / Une soirée qui dérape / Un lundi sans travail / « Des chaussures trop top chez Topshop » / Atocha ❤ / Avoir l’impression d’avoir perdue une main / Les expositions de Photo España / Dernier jour à Madrid… Et un retour à la vie française qu’on sait d’avance difficile / Ranger un sac, puis deux / Quitter Madrid avec quelques regrets / Une petite zone de turbulence / Retrouver son sac cette fois ! / Fauve au Foreztival ❤ ! / Mémoire, mémoire, mémoire ! Haaaa / Programmer l’achat de ma future voiture / Regarder « L’amour est dans le pré » / Une après-midi avec Léa / Acheter une méthode pour apprendre l’espagnol / Un premier don du sang / 21 août 2015 : devenir propriétaire d’une voiture et enlever son « A » / Un dimanche pluvieux qui donne envie de rester au lit / Terminer son dernier devoir universitaire et pas des moindres… Le mémoire ! / Retrouver ma Simo ❤ / « Jamais le premier soir » sous le plaid / Se battre une matinée avec l’administration / Manger un Bô Bun en amoureux / Objet : Rendu de la Version 0 – Mémoire de Master 2 (oh ouiiii) / Dormir bien pour la première fois depuis des semaines / Un appartement qui se vide / Une après-midi à la piscine municipale qui me rappelle mes années lycée / Faire sa valise encore une fois / Mon premier long trajet avec mon tacot / Une soirée avec les copains à Avignon / Une bruschetta guacamole-chorizo et un gâteau au chocolat / Une après-midi à la plage avant d’entamer mon premier vrai boulot… / Bonjour septembre !

Sur une idée de Moka