Le quatrième mur – Sorj Chalandon

Georges est un étudiant militant. Durant ses études, il rencontre Samuel Akounis, un juif Salonique dont les parents sont décédés à Birkenau. Malgré les quelques années qui les séparent, tous deux deviennent des amis très proches. Et même si en avançant dans la vie les deux amis se perdent un peu de vue leur amitié reste forte, très forte.
Quelques années plus tard, Samuel, atteint d’une maladie, demande à George de mettre en scène Antigone de Jean Anouilh au Liban en pleine guerre et avec des acteurs de différentes religions et de différentes nationalités. Celui-ci finit par accepter et il délaisse alors sa femme et sa petite fille Louise pour mener à bien cette mission, malgré les risques et les difficultés qu’elle comprend.
Mais ce projet utopiste pourra-t-il vraiment voir le jour dans un pays où toutes les nationalités se déchirent ?

J’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à me lancer dans cette lecture. Les premières pages du roman nous propulsent immédiatement dans l’intrigue, brutalement. Le lecteur n’est pas ménagé, il ne sait pas où il se trouve et cherche des repères. La violence est immédiate. Bref, je me suis demandé s’il ne fallait pas abandonner cette lecture… Et puis je me suis accrochée et je suis rentrée dans l’histoire. Et je bien l’avouer, j’aurai été déçue de passer à côté de roman dont on ne ressort pas indemne. Car le quatrième mur est un roman dur, qui expose le lecteur aux violences les plus terribles de la guerre. Peu de répit est proposé dans cette narration. C’est bien sous les bombes et les attaques armées qu’une grande partie de l’histoire nous est racontée.
Oeuvre captivante et forte, Sorj Chalandon nous plonge au cœur d’une tragédie qui bouleversera chacun des personnages. Si le projet peut paraître utopiste, j’ai aimé la force des protagonistes ; en premier lieu celle de Sam qui a eu l’idée de ce projet fou, ambitieux et terriblement beau. Celle de Georges qui trouve la force de reprendre en main le projet, d’abandonner les siens au risque de perdre sa personnalité. Et puis aussi celle de sa femme qui accepte, qui pardonne et qui attend. Sans oublier celle des acteurs de la pièce qui acceptent d’oublier les différences le temps d’un instant.

Le quatrième mur est donc un livre fort et poignant qui laisse des traces aux lecteurs… Un livre beau aussi qui montre de belles initiatives pour rassembler les peuples…

L’avis de Violette.

Le théâtre était devenu mon lieu de résistance. Mon arme de dénonciation. À ceux qui me reprochaient de quitter le combat, je répétais la phrase de Beaumarchais : Le théâtre? « Un géant qui blesse à mort tout ce qu’il frappe. »

Le quatrième Mur,
Sorj Chalandon,

Editions le Livre de Poche, 2014

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9 réflexions sur “Le quatrième mur – Sorj Chalandon

  1. Ah sorj ! Je n’ai pas encore pris le temps d’acheter un de ces livres mais ma belle-mère A-DO-RE et me le conseille quasiment chaque Noël quand elle offre le nouveau livre de l’auteur à son fils ou à son mari 😉 Promis, j’essaye de m’en procurer un avant de partir !

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  2. Sorj Chalandon… Un auteur dont je n’avais jamais entendu parler. Et c’est une amie auteure elle même qui m’a conseillé de lire ses livres . J’ai adoré le Quatrième Mur, et j’ai enchaîné sur Mon Traitre et Retour à Killibegs… Bref, il est devenu mon auteur préféré et de loin devant bien d’autres que j’affectionnais pourtant !

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  3. Ce livre, on me l’avait recommandé, et il a trainé sur une étagère, à manger la poussière pendant des mois, à attendre son tour. Je l’ai commencé plusieurs fois, sans succès.
    Maintenant fini, je peux dire que ce livre est de ceux qui donnent toujours à réfléchir, voilà le genre de livre que l’on ne regrette jamais d’avoir lu.

    Une mise en abyme des plus étonnantes, basée sur Antigone d’Anouilh dans un pays ravagé par la guerre. Des personnages qui font vibrer, je ne sais pas si je veux dire « personnages ». Pour moi, tout ça était bien réel. J’imagine ces histoires de guerre, de fraternité, et d’amour du théâtre se dérouler à des milliers de kilomètres de moi. Mais surtout, cette histoire pourrait se dérouler dans n’importe quel état en guerre.

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