D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds – Jon Kalman Stefansson

Ari a quitté l’Islande et plus particulièrement Keflavik depuis plusieurs années pour s’installer au Danemark. Là-bas, il a construit sa vie : une femme, des enfants et une belle carrière professionnelle. Mais tout bascule en raison de la routine qui s’installe dans la vie du couple. Ari quitte les siens, se retrouve seul, s’enfonce dans le travail et finit par regretter son choix. Lorsqu’il reçoit une lettre de son père lui annonçant qu’il est mourant, accompagnée de photographies ainsi que du diplôme d’honneur de son grand-père Oddur, le célèbre capitaine, Ari retourne sur son île à la recherche de son passé.

Le récit croise alors trois époques : celle actuelle, les années 80 et le début du 20e siècle, marquant la rencontre des grands-parents d’Ari. Le temps de constater les évolutions de l’île, de voir évoluer le protagoniste et de s’immerger dans cette histoire de famille.

Ce que je retiendrais avant tout du roman, c’est cette écriture incroyable : de longues et belles phrases permettent de créer un livre poétique à souhait. Les quelques digressions qui apparaissent en leur sein rappellent étrangement notre propre cheminement de pensée. Les pages sont ponctuées de titres un peu loufoques qui prennent tout leur sens au fil des pages.
J’ai beaucoup aimé également les réflexions contenues dans l’ouvrage : j’ai tendance à corner les pages quand un passage me touche, me parle et cette fois-ci, le roman est corné, archi-corné. Jon Kalman Stefansson a le don pour parler à son lecteur en le soumettant à un questionnement sur la vie, sur l’amour, sur le manque. Des réflexions intelligentes, justes, dont certaines tombaient à point.
Le style reste donc incontestablement le point fort de l’ouvrage.

Quant à l’histoire elle-même, je dois bien l’avouer, je suis totalement passée à côté. D’une part, l’histoire n’a pas vraiment de début et de fin, ce qui m’a particulièrement gênée. J’attendais une péripétie, quelque chose qui aurait fait que le livre prendrait une nouvelle forme, mais rien. En somme, le livre raconte, à travers une histoire familiale, la vie d’Hommes et de Femmes à Keflavik sans entrer plus dans les détails… C’est dommage parce qu’en temps normal, les sagas familiales ont tendance à me passionner et à m’émouvoir. De fait, j’ai plutôt traversé des époques de loin, sans vraiment réussir à m’y intéresser.
De plus, le fait de mêler les trois histoires m’a parfois complètement perdue (ajoutons à cela des prénoms, des lieux pas toujours simple à retenir).

Bref, pour moi ce fût une lecture complexe, qui ne me laissera aucun souvenir… Malgré tout, j’espère découvrir prochainement la trilogie de l’auteur, composée d’Entre ciel et terre, La tristesse des anges et Le cœur de l’homme.

Étreinte est sans doute le mot le plus beau de toute notre langue. Ouvrir ses bras pour toucher une autre personne, tracer un cercle autour d’elle, s’unir à elle l’espace d’un instant afin de constituer un seul être au sein des maelströms de la vie, sous un ciel ouvert d’où Dieu est peut-être absent. Nous avons tous, à un moment ou l’autre de notre vie, et parfois terriblement, besoin que quelqu’un nous prenne dans ses bras, besoin d’une étreinte à même de nous consoler, de libérer nos larmes ou de nous procurer un refuge quand quelque chose s’est brisé. Nous désirons qu’on nous étreigne simplement car nous sommes des hommes et parce que le cœur est un muscle fragile.

J’en profite pour remercier Price Minister pour cette nouvelle édition des Matchs de la Rentrée littéraire 2015 #MRL15 !

rentréelogo2015
Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
6/6

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds,
Jon Kalman Stefansson,
Gallimard, 2015

Les beaux été, tome 1 Cap au Sud ! – Zidrou et Lafebre

Août 1973. La famille Faldérault part ENFIN en vacances. Enfin, parce que Pierre, le papa, a terminé la bande dessinée sur laquelle il a pris du retard.
Ni une ni deux, ils s’entassent dans la 4L, quittent la Belgique pour partir dans le sud de la France. Et le chemin sera long, très long ! Hors de question de prendre l’autoroute ; il faut profiter des paysages et ne pas déroger à l’ensemble des rituels qui ont été instaurés ces dernières années.
Sur la banquette arrière, les quatre enfants et Tchouki – l’ami imaginaire – s’occupent comme ils peuvent : en se chamaillant, en riant, en chantant, en dormant, en lisant… Parce qu’en 1973,  il n’y avait ni tablette, ni smartphone pour rendre les voyages moins longs.
Si au premier abord la famille Faldérault semble être une famille parfaite, ces vacances seront en fait les dernières que le couple passera ensemble. Mado, la mère, n’a pas eu la vie qu’elle espérait avec Pierre… « La vérité, Pierre, c’est qu’on rêvait d’une vie au soleil et qu’on eu droit seulement à de timides éclaircies ».

Même si je ne suis pas née dans les années 70 mais quelques 20 ans plus tard, je me suis immédiatement reconnue dans cette famille qui peut être finalement celle de n’importe qui. Une famille avec son histoire, sa façade, ses rires, ses moments partagés… Si cette histoire peut paraître d’une banalité extrême, elle est racontée avec tant de tendresse, d’humour, de clins d’œil, d’humanité qu’on ne peut qu’accrocher et aimer cette famille.
L’album connaît un bon rythme, une multitude de rebondissements qui donnent à la lecture une belle dynamique, le tout sublimé par des planches d’une extrême qualité ! J’ai apprécié ces couleurs flashy, lumineuses, ces personnages bien travaillés… Et puis, comme je l’ai souvent dit, je suis sensible aux détails lorsque je lis une bande dessinée. Et je dois dire que cette fois, je me suis régalée ! Des papiers peints, aux titres des albums lus par l’un des enfants en passant par des vêtements qui collent parfaitement à l’ambiance générale… Ça a été pour moi un vrai plaisir de m’attarder sur les planches !

Les Beaux Etés, c’est, pour moi, l’album feel good par excellence ! Un de ceux qui vous donnent le sourire, la pêche mais aussi l’envie de passer du temps dans son cocon familial. Bref, le cadeau parfait pour mettre au pied du sapin. A quand un second tome ?

Les avis de Noukette et Jérôme.

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574Chez Noukette

rentréelogo2015Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
5/6

Les Beaux Etés, tome 1 Cap au Sud !,
Zidrou et Lafebre,
Dargaud, 2015

Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin

Isabelle Monnin achète un lot de photographies sur Internet pour une poignée d’euros. Lorsqu’elle reçoit cette grande enveloppe blanche, elle découvre le destin banal d’hommes, de femmes, d’enfants… D’une famille. Quelques clichés jaunis, mal cadrés aux couleurs passées. Des clichés qui auraient pu être présents dans n’importe quelle maison, dans n’importe quelle famille…
Elle décide d’écrire un roman sur ces « Gens dans l’enveloppe ». C’est ainsi que naissent « Laurence », « Mamie Poulet », « Michelle » mais aussi « Serge » et « Simone », des personnages fictifs. Grâce aux clichés, elle invente une vie à ces Gens et détecte assez rapidement l’absence d’une mère. C’est autour de ce thème que tournera la première partie de l’ouvrage. Isabelle Monnin raconte alors le combat d’une enfant pour retrouver sa mère, partie vivre avec son amant révolutionnaire en Argentine.

Au fil des pages, se sont quelques clichés qui accompagnent notre lecture. Des descriptions laissent place à des réflexions d’Isabelle Monnin en tant qu’auteur. L’ouvrage prend alors des allures de carnet de bord, carnet de recherche. Toute cette partie nous aide à prendre conscience de la démarche de l’auteur, à comprendre son cheminement.

Mais l’auteure ne s’arrête pas ici. Les « Gens », comme elle les appelle, ont pris une place bien plus importante qu’elle ne le pensait dans sa vie. Elle décide alors de les rencontrer, d’apprendre à les connaître. Elle quitte alors son costume d’écrivain pour endosser celui de journaliste.
Elle mène alors une véritable enquête afin de retrouver leur village d’origine, et finit par retrouver leurs traces. La rencontre avec les Gens est un moment délicat, mais elle décide de leur explique sa démarche. S’ils sont au premier abord réticents, tous décident de jouer le jeu et de livrer une partie des détails de leur vie.

Cet ouvrage prend finalement fin avec un très beau CD au sein duquel Alex Beaupain interprète des chansons originales en lien avec l’ouvrage…

Au moment de la rentrée littéraire, lorsque j’ai entendu parler de ce roman, je suis immédiatement tombée amoureuse de cette démarche incroyable, folle. Acheter un lot de photographies, en faire une histoire, puis finalement décider de rencontrer ces gens, s’apercevoir de plusieurs similitudes entre la réalité et la fiction, et puis ces gens qui prennent finalement de plus en plus de place… J’ai trouvé la démarche belle et originale.
Si je n’ai pas été particulièrement envoûtée et séduite par la partie fictive de l’œuvre, je suis par contre tombée sous le charme de cette enquête qui en dit long sur les rapports qu’il existe dans une famille lambda. Car cette famille, c’est la vôtre, c’est la mienne, et comme Isabelle Monnin le dit si bien, chaque famille mérite d’être racontée. J’ai aimé voir cette rencontre évoluer, apprécier les liens se tisser, découvrir « pour de vrai » ces personnages de fiction…
J’ai également beaucoup aimé la plume de l’auteure, mélodieuse, poignante.

Un ouvrage hybride à découvrir sans plus attendre.

rentréelogo2015Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
4/6

Les gens dans l’enveloppe,
Isabelle MONNIN,
JC Lattès, 2015

Moi après mois – Novembre

Crever à 1h30 du matin / Seat Assistance bonjour (ou bonne nuit) ! / Cette soirée était irréelle ! / Running avec Daddy / Un dimanche reposant / Dernier rendez-vous chez Pôle-Emploi avant quelques années (j’espère !) / De la jolie vaisselle pour mon futur appartement / Changement de ville de dernière minute / Visiter mon futur chez-moi / Des visites d’appartements concluantes / Le Lac d’Aiguebelette qui promet de bons moments / Des messages qui ne passent pas et qui ne passeront jamais / Des envies de tout envoyer promener / Préparer mon installation prochaine / Running avec mon Blup en plein Saint-Etienne / Soirée tisane et au lit / Comment une imprimante WIFI peut révolutionner ta vie / Un dimanche digne d’un mois de mai / Repeindre des meubles au soleil / A vif ! avec ma Simo / Retrouver Emilie après des années / Quand Pôle-Emploi me joue des tours / Une signature de bail compromise / Un Do-Mac / Aller chercher mon mobilier / Organiser un week-end à Avignon / Un manque / Un tout petit canapé / Une soirée sans eau et sans électricité / Se coucher tôt et le lendemain matin, le choc, les larmes, la colère, l’incompréhension / Ne pas avoir de mots / Emménager tout doucement dans ma nouvelle vie / Avoir, pour une fois, une réaction calme et proportionnée / Un week-end avec Camille et Greg / Se balader dans Lyon et aimer cette ville plus que tout / Un bouchon lyonnais et des sushis / Primark pour décorer mon appartement / Une discussion politique par sms / Une voiture qui s’annonce bien pleine / Après un week-end sans télévision, les premières images / Une émotion toujours aussi vive / Les dernières emplettes avant le départ / Défaire les derniers cartons avec des souvenirs qui vous sautent à la figure / Ma première vraie nuit dans mon appartement / Prendre ses marques dans une nouvelle ville / Premières chutes de neige annoncée en Savoie / Une première réunion avec mes futurs collègues / Rentrer épuiser mais se dire que tout ira bien / Rejoindre les copains à Avignon / Tester megabus et être plutôt satisfaite / Aller chez Françoise avec ma Lauriane / Court, c’est court ! à Cabrières / Des paillettes et des ballons pour un anniversaire / Mon premier jour de travail / Le retour de l’eau chaude après une semaine sans / Ranger enfin mon appartement / Classer des livres pendant une après-midi / Se sentir enfin chez soi / Des posters et des cartes postales au mur / Des bougies de partout / Enchaîner les réunions… et les démarches administratives / Après le flou, la lumière (ou presque) / Une panne de lecture énorme et un blog à l’abandon / Rentrer à la maison pour quelques heures / Un cadeau de la part d’Hellocoton / Adieu chère valise / La crémaillère de ma Simo / Pizza-pyjama-Stéphane Plaza  / Revoir une nouvelle fois Les femmes du bus 678 / Une soupe carottes-curry-lait de coco / Le DVD de Jack et la mécanique du cœur avec une tisane / Adieu novembre, bonjour décembre ! 

Sur une idée de Moka