Mon roi – Maïwenn

En discothèque, Tony rencontre Georgio. Elle est avocate et discrète. Lui est un séducteur et un flambeur. Même si tout les opposent, Tony et Georgio tombent amoureux et vont vivre une passion destructrice.
Quelques années plus tard, alors que Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de skis, elle se remémore son histoire avec cet homme qui l’aura manipulée et détruite.

Au cinéma, quand les premières bandes-annonces de Mon Roi sont sorties, je me suis dit « ah, ça c’est un film pour moi ». Les images me donnaient des frissons même si celle-ci ne disait rien ou pas grand-chose du film. La musique, quant à elle me transportait loin, très loin. Et puis après avoir adoré Polisse (il y a eu une période où je regardais ce film une fois par mois), je ne pouvais tout simplement pas passer à côté du dernier film de Maïwenn. Je ne me suis pas trompée… Mon Roi a été une claque ! Une claque monumentale ! Un film qui m’a retournée, bouleversée, émue…

Il y avait quelques années qu’un film ne m’avait pas fait un effet si puissant… Je crois que le dernier en date était Alabama Monroe, ce genre de film où quand le générique de fin apparaît tu ne sais plus vraiment où tu es, tu sais juste que tu as envie de vivre quelque chose d’aussi fort, d’aussi beau, tu as juste besoin de temps pour comprendre que ce que tu as vécu c’est un choc, un choc esthétique.

J’ai tout aimé, absolument tout de ce film.
D’une part cette histoire d’amour destructrice où chacun étouffe, manque d’oxygène, a besoin de plus, a besoin de l’autre. Par petites bribes, on assiste à la destruction progressive du couple, à sa survie. Des passages de bonheur immense, de rires, de complicité, d’amour, de passion mais aussi des passages de violence, de vengeance, de manipulation, de séduction.
En regardant Mon Roi, le spectateur est amené à passer du rire aux larmes, de l’incompréhension à la jalousie, de la compassion à la révolte… Le film se déroule sous nos yeux à une vitesse hallucinante. Aucune longueur, on est simplement happés par ce scénario, qui pourtant pourrait paraître banal.
Le jeu des acteurs est également très fort, très réel aussi. Les scènes qui se déroulent sous nos yeux sont si proches de la réalité qu’on sort du film en ayant l’impression d’avoir vécu cette situation. C’était d’ailleurs l’impression que j’avais également ressenti avec Polisse. Peut-être parce que la manière dont sont filmés les longs-métrages de Maïwenn est assez singulière. Toujours est-il que Emmanuelle Bercot (mais aussi Vincent Cassel) laisse transparaître sans difficulté ses émotions face à la caméra. J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires qui tentent de sortir Tony de cette situation, qui voient de manière extérieure ce couple hors du commun.

Bref, vous l’aurez compris, je suis sortie conquise, bouleversée, la tête pleine de questions… Et surtout, avec une furieuse envie de le revoir une seconde fois.

Mon Roi,
Maïwenn,
2015 

Vie Sauvage – Cédric Kahn

A sa sortie, j’ai souhaité voir ce film, même si l’histoire de cette famille m’était totalement inconnue. Mathieu Kassovitz est également l’un de ces acteurs que j’aime particulièrement par son engagement.

Nora et Paco vivent avec leurs trois enfants à l’écart du monde traditionnel. Après avoir pris la route pendant des années, ils se sont sédentarisés et habitent dans des caravanes en pleine nature. Ils vivent essentiellement de leur élevage, de petits travaux, etc.
Mais Nora décide subitement de changer de vie et de retourner à la vie « normale ». C’est ainsi qu’elle enlève ses enfants de leur père pour se réfugier chez ses propres parents. Les raisons de son départ ? L’envie d’avoir une maison, de voir ses fils aller à l’école et manger tous les jours à leur faim.
Paco tente par tous les moyens de récupérer ses fils mais tant que tant qu’un jugement n’aura pas été prononcé, les enfants doivent rester avec leur mère.
Alors qu’ils doivent passer quelques jours avec leur père pendant les vacances scolaires, Paco enlève deux de ses films pour les préserver de la société de consommation et de son système marchand.
Pendant une dizaine d’années, traqués par la police et recherchés par leur mère, les enfants vont vivre en communion avec la nature et les animaux, dans des communautés, des mas, des greniers.
Mais ces enfants, devenus adolescents, vont vite prendre connaissance et conscience de leur mode de vie et vont aspirer de plus en plus à une vie normale…

Le film se construit autour de deux époques : durant la première, les deux fils ont 6 et 7 ans puis une longue ellipse de dix ans nous mène vers l’adolescence voire même l’entrée dans l’âge adulte des enfants. En construisant le film ainsi, il devient difficile de s’attacher pleinement aux personnages, ce qui ne m’a pas dérangée pour autant.
Le jeu des acteurs est fort, notamment celui de Céline Sallette qui se métamorphose au long du film : quittant petit à petit son rôle de « hippie » pour rentrer finalement dans le moule. Malheureusement, l’actrice restera assez en retrait puisque Cédric Kahn prend le parti pris de ne suivre que le destin du père et ses enfants. Nora ne réapparaîtra qu’à la fin du film. Néanmoins, le réalisateur ne prend pas vraiment position et ne souhaite pas condamner le choix du père ou de la mère. Pour le spectateur, il devient difficile de trouver sa place dans ce duo parti en guerre. On comprend à la fois la position de la mère qui souhaite le meilleur pour ses enfants, mais on voit également l’enfance heureuse et simple des garçons.
Côté images, Cédric Kahn nous coupe le souffle en nous faisant voyager à travers la France. Loin des autoroutes et du bruit de la ville, on redécouvre la beauté de la nature. Des scènes d’une grande justesse, même si le film accuse parfois quelques longueurs.

Un film d’une grande force qui nous amène à nous poser quelques questions.

Vie Sauvage,
Cédric Kahn,
2014