Blanquette – Laure Buisson

Rien de tel qu’une bonne blanquette de veau mélangée à du Tranxène en miettes pour en finir avec son mari. Mais la raison de ce meurtre s’avère être plutôt particulière… Notre héroïne aime tout simplement trop son mari. D’ailleurs, pour devenir la femme parfaite, elle est prête à tout. Après avoir changé d’apparence et de culture pour devenir l’élue de son coeur, elle a également sacrifié sa carrière mais aussi sa vie de femme pour devenir mère. Mais ceci ne peut plus durer. Après avoir méthodiquement éloigné sa famille, ses amis et ses potentielles rivales pour ne l’avoir qu’à elle, elle va choisir un nouveau plan d’attaque : le tuer.
Alors qu’il s’envole petit à petit vers de nouveaux horizons, la protagoniste nous raconte cette histoire d’amour acharnée.

En une centaine de pages, l’héroïne revient sur les raisons de son meurtre. Au fil de notre lecture, nous la suivons sombrer progressivement dans la folie, manipuler chacun des êtres qui entourent son mari avec toujours plus de cynisme. Se dresse alors un portrait complexe de cette femme perdue et désemparée face à un amour qui l’emprisonne.
Chaque chapitre revient sur une anecdote, une nouvelle manipulation, une nouvelle jalousie qu’elle lui a infligé. Ses manigances vont jusqu’à sa propre fille, avec qui elle n’aura qu’une relation faîte de rivalité. Jalouse de leur relation, jalouse de leur surnoms respectifs, jalouse de leurs lettres envoyées, etc.
En essayant de passer pour une victime, c’est finalement son mari qui le devient. On prend pitié de cet homme qui subit les pires atrocités sans sans rendre réellement compte tant l’admiration pour sa femme est grande. Mais on compatit également devant les actes de cette femme perdue qui cherche à garder son mari à tout prix.

Si les réflexions de la protagoniste nous glacent parfois le dos, je dois bien l’avouer, cette lecture m’a envoûtée et touchée… Lorsque le huis-clos se referme sur le couple, il devient difficile de lâcher ce roman tant on a envie de connaître un peu plus les raisons de ce meurtre. Pourtant, la raison restera assez superficielle et floue. L’amour, simplement l’amour la pousse à agir.

Blanquette, 
Laure BUISSON
J’ai Lu, 2002

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