Miss pas touche, tomes 1, 2, 3 & 4 – Hubert & Kerascoët

KerascoetDans le festival dans lequel je réalise mon stage, nous avons accueilli « les Kerascoët », un couple de dessinateurs. Avant d’arriver ici, je n’avais jamais entendu parler d’eux, jusqu’au jour où nous avons reçu Paper Dolls, l’artbook des deux artistes. Immédiatement, je suis tombée sous le charme de cet univers graphique et ceci a été renforcé par une rencontre avec Sébastien Cosset, qui, durant le festival, a présenté ses ouvrages. J’ai lu la série Beauté, je l’ai beaucoup aimée, mais j’ai surtout adoré la série Miss pas Touche.

Paris, dans les années 30. Deux sœurs – Agathe et Blanche – mènent une vie paisible, faîte d’insouciance et de sorties dans les guinguettes. Elles sont toutes les deux femmes de ménage dans la grande demeure d’une vieille femme un peu aigrie et habitent dans la chambre de bonne de leur patronne.
Un jour, alors qu’Agathe est sortie danser dans un bal, Blanche assiste, par une fissure dans le mur, à une scène particulièrement violente de meurtre dans l’appartement voisin. Terrorisée, elle décide d’aller attendre Agathe dans un café à proximité pour lui raconter ce qu’elle a vu.  Sa sœur, persuadée qu’elle délire ou qu’elle a fait un cauchemar, décide de monter voir ce qui se passe et meurt d’une balle dans la tête.
Le crime est déguisé en suicide, mais Blanche sait ce qu’elle a vu et elle est bien décidée à retrouver l’assassin de sa sœur.
Ses recherches la mènent vers le Pompadour, une maison close chic de Paris dans lequel elle se fait embauchée. Mais la jeune femme n’est pas prête de perdre sa virginité…

Dès les premières pages, j’ai été comme happée par l’histoire. L’ambiance, les dessins, le scénario m’ont beaucoup attirée tant et si bien qu’après avoir dévoré le premier tome, je me suis dit que je ne pouvais pas m’arrêter là. Heureusement j’avais emprunté l’intégralité de la série à la bibliothèque.
Au premier abord, on a l’impression d’avoir une bande dessinée destinée à des enfants. Il faut dire que le dessin des Kerascoët reste très enfantin et dénote ainsi des différentes scènes auxquels on assiste. J’avais déjà eu le même sentiment en lisant Beauté. On a l’impression que l’album peut s’adresser à des enfants, pourtant la protagoniste subit les pires atrocités (viol, moquerie, séquestration et j’en passe). Pourtant, Beauté comme Miss Pas Touche restent des ouvrages destinés aux plus grands. Ceci provoque parfois un sentiment de malaise, cependant, j’aime vraiment beaucoup le trait des dessinateurs pour que ceci vienne vraiment gâcher ma lecture.
Côté histoire, j’ai apprécié me retrouver dans ce Paris des années 30, surtout sous l’œil de notre jeune protagoniste. Blanche, de par son caractère et sa détermination, devient un personnage auquel on s’attache beaucoup et dont on a envie de suivre les aventures.
L’insouciance des jeunes femmes à cette époque puis la vie en maison close restent assez proche de ce que j’imagine de ce moment-là. Les décors sont également bien posés, bien représentés et les couleurs vives attirent le regard du lecteur ce qui ne fait qu’accroître cette ambiance sympathique et parfois glauque.
Autre point positif, malgré l’ambiance sombre dans laquelle nous évoluons, aucune vulgarité ne ressort de l’album. Les scènes restent assez suggérées et ne deviennent à aucun moment crues.
J’émets cependant une petite réserve sur la fin, qui, à mon goût arrive un peu trop vite. On aurait envie d’en savoir plus quant au devenir de la jeune femme. Ceci dit, je viens de voir sur le site des éditions Dargaud qu’un cinquième tome serait prévu… A voir donc !

Une découverte que je recommande pour l’aspect graphique de l’oeuvre, mais aussi pour l’histoire qui reste très intéressante.

Miss Pas Touche, tomes 1, 2, 3 et 4
HUBERT et KERASCOËT
Dargaud, 2006, 2007, 2008 et 2009

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