Plonger – Christophe Ono-dit-Biot

Une supérette de quartier en plein Paris et tout bascule. César tombe sous le charme de Paz. Paz et ses yeux foudroyants, Paz et sa chevelure noire qui ondule. Il finit par la retrouver et en apprendre plus sur cette femme qui l’a complètement envoûtée : elle est espagnole et photographe.
Journaliste, César lui offre une bonne publicité en publiant un article sur son travail. Malgré les bonnes retombées médiatiques, elle lui propose un rendez-vous et lui reproche de ne pas avoir compris le sens de ses œuvres.
Si leur première rencontre est houleuse, Paz et César finissent par former un couple. Un couple tumultueux, passionné, mais un couple quand même. En effet, la jeune femme est d’humeur changeante, parfois amoureuse, parfois froide comme la glace. Quelques années plus tard, ils auront un fils, mais malgré la naissance de leur enfant, la jeune femme reste très lunatique et a des envies d’ailleurs : elle étouffe en Europe et a besoin de découvrir de nouveaux horizons. Elle prend la décision de partir, n’envoyant que quelques nouvelles de temps à autre.
Jusqu’à l’appel fatal : on a retrouvé Paz nue et morte sur une plage d’un pays arabe. César décide alors d’enquêter sur la mort de sa bien-aimée et de raconter, à travers un journal intime, leur relation à leur fils afin qu’il connaisse malgré tout sa mère.

Au fil des pages, on retrace les moments d’amour de ce couple, de leur rencontre à la mort de Paz. On s’embarque dans leur intimité houleuse mais Plonger reste une véritable hymne à l’amour. En tant que lecteur, on est forcément touché, d’une manière ou d’une autre, par ces situations, ces moments du quotidien qui ne manquent pas d’authenticité et de véracité. Tant et si bien que j’ai même fait des recherches – en vain – sur Paz et ses photographies de plages. Même si tout semble être très réaliste, elle reste bel et bien un personnage de fiction (ou en tout cas, elle n’existe pas sous ce nom).
Si Paz est un personnage énigmatique et intéressant, j’ai particulièrement aimé le personnage de César qui voue un amour sans fin à sa compagne. Ce livre, c’est le reflet de son amour… De sa haine, aussi. Ses doutes, ses interrogations puis son enquête dans le nouveau pays d’adoption de Paz m’a tout simplement chamboulée.
J’ai également apprécié la réflexion sur l’art et les artistes que l’auteur cherche à nous transmettre. Que reflète réellement le travail d’un artiste ? En tant que spectateur, consommateur d’art, quelle est ma place dans le travail de l’artiste ? Mais aussi, quelle est la place de l’artiste dans la société ? Est-il, comme c’est suggéré dans l’ouvrage, un être à part ? Bref, Plonger, c’est aussi un roman intelligent et passionnant. Tellement passionnant que je n’ai pas trouvé un passage trop long, trop détaillé. Au contraire, tout est juste (j’ai d’ailleurs eu plusieurs fois du mal à lever le nez et de l’ouvrage et j’ai ben failli rater mes arrêts de bus/train !).
Et puis, la plume de l’auteur m’a transportée. Avec des mots simples et des phrases justes, Christophe Ono-dit-Biot nous entraîne dans un univers singulier mêlant mélancolie, douceur et ironie. J’ai beaucoup aimé retrouver quelques photographies d’œuvres au sein même du roman nous évitant ainsi un aller-retour entre Google et le livre.

Plonger reste indéniablement un roman à découvrir et un gros coup de cœur !

Il semble que l’être humain s’épuise aux yeux de l’autre, comme s’épuisent les gisements d’or. On ne trouve plus d’or en l’autre, alors on le quitte. Tandis qu’il aurait fallu, peut-être, creuser seulement un peu plus loin, partir en quête d’un autre filon.

Plonger
Christophe Ono-dit-Biot, 
Folio, 2015

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Moby Dick, Livre Premier – Chabouté

Ismaël a pour ambition de devenir harponneur. Mais ce qui l’attire avant tout, c’est de découvrir le monde et de partir à la chasse à la baleine. C’est donc tout naturellement qu’il se rend dans la ville de Nantucket pour y décrocher un emploi.
Arrivé à destination, il rencontre Queequeg un cannibale qui va être son compagnon de chambre dans l’auberge où il loge et qui va lui être d’une grande aide pour embarquer durant trois ans sur le Pequod, un navire dirigé par le capitaine Achab. Mais ce dernier n’a qu’une seule idée en tête : capturer et tuer Moby Dick, LA baleine blanche qui lui a dévoré la jambe.
C’est donc avec une forte envie de vengeance que le capitaine va diriger son équipage vers sa quête…

Si je ne connaissais absolument pas l’œuvre Moby Dick, j’ai eu envie de lire cette adaptation car Chabouté est l’un de ces dessinateurs dont j’apprécie vraiment le travail.
Dans un décor tout de noir et de blanc, il nous entraîne dans cette aventure que l’on imagine déjà perdue d’avance. Ce choix rend l’intrigue particulièrement intense, forte et grave. On sent immédiatement que le danger rôde, qu’il n’est pas loin et qu’il ne suffit d’un rien pour que tout bascule. Le tout forme une ambiance de huis-clos angoissante et obsédante. Beaucoup de silences composent l’ouvrage, des silences qui en disent long sur la vie de ces marins à bord et  qui représentent à merveille cette mer qui ondule. Vraiment, j’ai été subjuguée par ces planches et par cette manière de représenter les personnages.
Par contre, côté scénario, je crois que je suis passée à côté de l’histoire… A moins que le second tome ne soit une réelle révélation, je dois bien l’avouer, ce premier livre m’a laissé de marbre… Quelques longueurs, un manque d’action et une chute bien trop brutale (qui donne cependant envie de se plonger sans attendre dans le second tome)… J’ai néanmoins apprécié ces personnages énigmatiques et bien travaillé : qui sont-ils ? Pourquoi cette obsession ? Quel mystère règne autour du capitaine Achab ? Autant de questions, qui, je l’espère nous apparaîtrons plus claires dans le second tome que j’espère découvrir bientôt.

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Chez Noukette

Moby Dick, Livre premier,
Chabouté, 
Vents d’Ouest, 2014