Méto – Yves Grevet

Soixante-quatre enfants vivent reclus sur une île loin de tout, en totale autarcie. Des enfants enlevés de leur famille, de force ou par choix et qui ont tout oublié de leur vie passée. D’une part, ils ne savent pas ce qu’est une famille (durant l’ouvrage on les voit, par exemple, découvrir le sens des mots « mère », « père », « sœur » ou « frère » de façon très abstraite) mais d’autre part, ils n’ont jamais approché ou vu de filles.
Au sein de la maison, ils sont surveillés par les César qui leur imposent une discipline stricte et rigoureuse. Leur vie est ainsi rythmée selon un programme qui ne laisse aucune pause, aucun répit. Leçons, sport, activités manuelles, les enfants n’ont pas le temps de prendre conscience de leur condition de vie difficile… Dès le moindre faux pas, les garçons finissent au « frigo », un endroit réfrigéré destiné à punir les fauteurs de troubles.
Quand les enfants deviennent trop grands, ils disparaissent et leurs camarades n’ont plus aucune nouvelles d’eux. Cette situation intrigue Méto qui aimerait bien savoir ce qu’ils deviennent et où ils vont. Avec ses amis, il se met en tête de percer le mystère, mais aussi de provoquer la chute de la Maison. Ils forment alors un groupe de rébellion et décident d’en finir avec les César. Mais le chemin pour arriver à leurs fins est loin d’être simple et les garçons n’ont pas fini d’en apprendre sur le fonctionnement de la Maison et au-delà, du Monde.

Depuis quelque temps, cette trilogie me tentait vraiment. En effet, j’essaye de me mettre petit à petit à la littérature ado et jeunesse et celle-ci me semblait parfaite pour me mettre dans le bain. Un roman qui semblait captivant et un thème qui m’a immédiatement convaincue, ceci m’annonçait une belle lecture.
Méto, ce sont de vrais romans de science-fiction décrivant rigoureusement un monde orchestré et stricte. Ce sont également des romans intelligents qui permettent, je pense, aux adolescents et aux plus grands de se poser de vraies questions.
Yves Grevet arrive à créer une réelle ambiance, une réelle atmosphère qui nous montre que l’auteur a particulièrement soigné ce point. Les combats d’« inche » (sport pratiqué au sein de la Maison dont le but est de faire entrer une balle dans une niche à l’aide des dents), les souffrances endurées dans le « frigo », les questionnements sur le Monde, etc. sont autant de points qui nous montrent que l’univers a particulièrement été réfléchi. D’ailleurs, il arrive assez bien à le retransmettre. Assez bien parce que, selon moi, quelques ellipses posent des difficultés à la compréhension générale de l’ouvrage.
Bien sûr, l’histoire vaut aussi le détour. La rébellion des garçons, les coups-bas, les attaques sont des données facilement transposables à notre réalité et à notre monde réel. Même si le personnage central est parfois agaçant, on ne peut oublier son courage et sa force à rebondir dans chaque épreuve. J’ai également apprécié son évolution au fil des romans. On le voit grandir, se poser des questions pertinentes, s’affirmer, ce qui n’a fait qu’augmenter son capital sympathie.
Comme dans la trilogie Hunger Games (par certains points, on peut, je trouve, reconnaître quelques similitudes), j’ai apprécié de découvrir un véritable combat, une véritable révolution pour changer le monde. Malgré quelques longueurs, les pages se tournent sans trop de difficultés et le charme opère rapidement.

Malgré quelques bémols, j’ai vraiment pris plaisir à lire cette trilogie d’aventure et de révolte. Méto reste une trilogie qui vaut la peine d’être lue !

Trilogie Méto
Yves Grevet, 
Syros

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