Moby Dick, Livre Premier – Chabouté

Ismaël a pour ambition de devenir harponneur. Mais ce qui l’attire avant tout, c’est de découvrir le monde et de partir à la chasse à la baleine. C’est donc tout naturellement qu’il se rend dans la ville de Nantucket pour y décrocher un emploi.
Arrivé à destination, il rencontre Queequeg un cannibale qui va être son compagnon de chambre dans l’auberge où il loge et qui va lui être d’une grande aide pour embarquer durant trois ans sur le Pequod, un navire dirigé par le capitaine Achab. Mais ce dernier n’a qu’une seule idée en tête : capturer et tuer Moby Dick, LA baleine blanche qui lui a dévoré la jambe.
C’est donc avec une forte envie de vengeance que le capitaine va diriger son équipage vers sa quête…

Si je ne connaissais absolument pas l’œuvre Moby Dick, j’ai eu envie de lire cette adaptation car Chabouté est l’un de ces dessinateurs dont j’apprécie vraiment le travail.
Dans un décor tout de noir et de blanc, il nous entraîne dans cette aventure que l’on imagine déjà perdue d’avance. Ce choix rend l’intrigue particulièrement intense, forte et grave. On sent immédiatement que le danger rôde, qu’il n’est pas loin et qu’il ne suffit d’un rien pour que tout bascule. Le tout forme une ambiance de huis-clos angoissante et obsédante. Beaucoup de silences composent l’ouvrage, des silences qui en disent long sur la vie de ces marins à bord et  qui représentent à merveille cette mer qui ondule. Vraiment, j’ai été subjuguée par ces planches et par cette manière de représenter les personnages.
Par contre, côté scénario, je crois que je suis passée à côté de l’histoire… A moins que le second tome ne soit une réelle révélation, je dois bien l’avouer, ce premier livre m’a laissé de marbre… Quelques longueurs, un manque d’action et une chute bien trop brutale (qui donne cependant envie de se plonger sans attendre dans le second tome)… J’ai néanmoins apprécié ces personnages énigmatiques et bien travaillé : qui sont-ils ? Pourquoi cette obsession ? Quel mystère règne autour du capitaine Achab ? Autant de questions, qui, je l’espère nous apparaîtrons plus claires dans le second tome que j’espère découvrir bientôt.

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Chez Noukette

Moby Dick, Livre premier,
Chabouté, 
Vents d’Ouest, 2014

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Récit d’un séjour à Madrid

Presque deux semaines après mon retour en France, j’ai toujours du mal à me remettre de ce séjour à Madrid, mouvementé mais fabuleux…
J’arrive en Espagne sans bagages ; mon sac à dos a été oublié à l’aéroport de Lyon. Il faudra attendre quelques 24 ou 48 heures pour que mes précieuses affaires me reviennent…
Même si je suis à Madrid pour travailler, mes horaires (8h-15h) me permettent malgré tout de visiter la ville. En attendant de récupérer mon sac, j’essaye d’en profiter pour visiter la ville et savourer les premières bières et premiers tapas. Croquetas, patatas bravas, poissons crus et j’en passe, je suis complètement enchantée par ces rencontres culinaires.

La ville, quant à elle, est assez incroyable : chaque quartier a son originalité et le rend très singulier. Dans certains, le bruit des voitures et de l’agitation de la ville sont si lointains qu’on a l’impression d’être dans un petit village.

Rues madrilènes

Par ailleurs, Madrid étant une capitale, elle regorge de choses à voir et à visiter… Parmi les incontournables, il y a bien sûr les musées du Prado et Reina Sofia ; l’un comportant des œuvres classiques et l’autres des œuvres plus contemporaines. C’est typiquement le genre de musée que l’on visite en plusieurs heures tant l’espace et les expositions sont importants… A éviter, donc, aux heures de gratuité, d’une part parce qu’on ne peut pas en profiter et d’autre part parce que celles-ci sont appliquées en fin de journée (vers 19h).
On peut également admirer le Madrid royal avec le Palacio Real et la Plaza Mayor, deux lieux que j’ai vraiment apprécié visiter.

Palacio Real

Palacio Real

Plaza Mayor

Plaza Mayor

Mais mon plus grand coup de cœur est certainement pour la gare d’Atocha. L’intérieur, transformé en jardin tropical, est clairement un havre de paix dans lequel on peut admirer des plantes d’Amérique, d’Asie et d’Australie. On y trouve aussi quelques points d’eau contenant poissons et tortues.

Gare d'Atocha

Gare d’Atocha

Voilà concernant mon petit séjour à Madrid… Je pourrais encore vous parler de ces soirées où l’on danse le flamenco, ou encore de la Filmoteca Española où l’on peut voir du Tarantino et Lars Von Trier (le tout pour 2€). Je pourrais parler de ce rythme si particulier (qui m’a enchanté) ou encore du Mercado San Miguel où l’on déguste de délicieux tapas… Je pourrais bien évidemment vous parler de mon boulot, de ma collocation pour ces deux semaines… Mais il me faudrait bien plus qu’un blog pour vous décrire tout cela !

Le voyage d’Octavio – Miguel Bonnefoy

Don Octavio est un paysan qui vit chichement au Venezuela. Analphabète, celui-ci cache son « handicap » et use de plusieurs stratagèmes pour le détourner de l’attention de ses interlocuteurs. Jusqu’au jour où il rencontre Vénézuéla dont il tombe amoureux. Celle-ci décide alors de lui apprendre à lire et à écrire.
Alors qu’il vient tout juste de connaître ce qu’est l’amour, le destin le pousse à fuir et à quitter sa bien-aimée. En effet, enrôlé dans un gang de cambrioleurs, Octavio va tenter de dérober des objets appartenant à son nouvel amour. Commence alors un long voyage initiatique au sein de son pays qui le changera à tout jamais.

Après en avoir entendu parler plusieurs fois à la radio ou sur d’autres blogs, je ne pouvais pas passer à côté de cet ouvrage. Et pour cause, à l’heure des siestes espagnoles, j’ai commencé à lire ce récit et je me suis très vite dit qu’il allait falloir le savourer (car sinon, il aurait été dévoré d’une traite).
Je me suis immédiatement laissée bercée par l’écriture, par cette histoire assez exceptionnelle. Le récit est plein de réalisme : les paysages du Venezuela sont si bien décrits qu’on les imagine de suite sous nos yeux. Moi qui espère un jour partir faire un road-trip en Amérique du sud, je dois dire que je me suis régalée, j’ai beaucoup rêvé… Quelques bribes fantastiques s’introduisent également dans le roman formant ainsi une sorte de fable, de conte.
Au fil des pages, Octavio, personnage banal, finit par se dévoiler et devenir ce géant légendaire que le lecteur ne peut qu’estimer. Simple, prêt à aider son prochain et en parfaite adéquation avec la nature, on voit une nette évolution avec le début du récit ; celui-ci s’affirme et change du tout au tout.
J’aurais aimé que le récit dure encore un peu tant je m’y suis sentie bien et tant j’ai aimé suivre les péripéties d’Octavio…

« Ainsi elle avait traversé la vie comme on traverse un désert, sans cortège, pleine d’aplomb et de dignité, avec ce sang-froid qu’on distingue chez certaines femmes que trop d’hommes ont regardé. »

Le voyage d’Octavio,
Miguel Bonnefoy, 
Payot et Rivages, 2015