L’indivision – Springer & Zidrou

L’histoire débute par une rupture. Ou plutôt une énième tentative de rupture. Car ce n’est pas la première fois que Virginie annonce à Martin que leur relation doit prendre fin. S’ils ont tout essayé, rien n’y fait. Ils s’aiment et ne peuvent pas envisager l’avenir l’un sans l’autre. Et s’ils se posent tant de questions quant à leur relation, c’est parce qu’ils s’aiment d’un amour interdit, d’un amour tabou : Virginie et Martin sont frères et sœurs.
Springer et Zidrou nous présentent alors des moments de vie entre les deux amants, mais également des instants familiaux : les anniversaires des neveux et nièces, les repas de famille, des questions quant à la maison familiale qu’il ne veut pas vendre. Mais aussi ces moments de passion, de désir entre deux être qui ne devraient pas s’aimer de cette façon…

Je crois que Zidrou a définitivement trouvé sa place sur mes étagères. Chaque nouvel album devient un coup de cœur, un incontournable, un bien à posséder sans plus attendre. Celui-ci en fait lui aussi parti.
Si les premières planches m’ont légèrement rebutée à cause du dessin, j’ai fini par l’apprécier, peut-être par ce que l’histoire a pris le dessus. Les traits sont un peu carrés, manquent parfois un peu de finesse et de détails que j’affectionnent particulièrement. Néanmoins, au milieu de ceux-ci, on retrouve également des dessins à l’aquarelle représentant des scènes d’amour qui m’ont particulièrement émue et qui m’ont démontré tout le talent de Springer.
Quand au sujet, même s’il peut mettre mal à l’aise et gêner je l’ai trouvé très bien traité. Les artistes ne prennent pas parti, ils nous présentent simplement des moments volés de leur relation ambiguë et mixte. Des moments de complicité que l’on a entre frères et sœurs, des disputes à propos d’un héritage, des repas de famille que l’on partage mais aussi des moments d’amour, d’attirance et de désir. Pourtant, ils abordent le thème sans vulgarité, sans tomber dans le cru, même si le lecteur prend parfois des allures de voyeur : les vignettes en gros plans nous font entrer dans des moments d’intimité que personne d’autre ne semble supposer, ou voir au sein de leur entourage.
En attendant, je tire mon chapeau au duo qui a su me surprendre et pour ce moment sublime et bouleversant !

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Chez Noukette

rentréelogo2015
Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
7/6

L’indivision,
Springer et Zidrou,
Futuropolis, 2015

Les beaux été, tome 1 Cap au Sud ! – Zidrou et Lafebre

Août 1973. La famille Faldérault part ENFIN en vacances. Enfin, parce que Pierre, le papa, a terminé la bande dessinée sur laquelle il a pris du retard.
Ni une ni deux, ils s’entassent dans la 4L, quittent la Belgique pour partir dans le sud de la France. Et le chemin sera long, très long ! Hors de question de prendre l’autoroute ; il faut profiter des paysages et ne pas déroger à l’ensemble des rituels qui ont été instaurés ces dernières années.
Sur la banquette arrière, les quatre enfants et Tchouki – l’ami imaginaire – s’occupent comme ils peuvent : en se chamaillant, en riant, en chantant, en dormant, en lisant… Parce qu’en 1973,  il n’y avait ni tablette, ni smartphone pour rendre les voyages moins longs.
Si au premier abord la famille Faldérault semble être une famille parfaite, ces vacances seront en fait les dernières que le couple passera ensemble. Mado, la mère, n’a pas eu la vie qu’elle espérait avec Pierre… « La vérité, Pierre, c’est qu’on rêvait d’une vie au soleil et qu’on eu droit seulement à de timides éclaircies ».

Même si je ne suis pas née dans les années 70 mais quelques 20 ans plus tard, je me suis immédiatement reconnue dans cette famille qui peut être finalement celle de n’importe qui. Une famille avec son histoire, sa façade, ses rires, ses moments partagés… Si cette histoire peut paraître d’une banalité extrême, elle est racontée avec tant de tendresse, d’humour, de clins d’œil, d’humanité qu’on ne peut qu’accrocher et aimer cette famille.
L’album connaît un bon rythme, une multitude de rebondissements qui donnent à la lecture une belle dynamique, le tout sublimé par des planches d’une extrême qualité ! J’ai apprécié ces couleurs flashy, lumineuses, ces personnages bien travaillés… Et puis, comme je l’ai souvent dit, je suis sensible aux détails lorsque je lis une bande dessinée. Et je dois dire que cette fois, je me suis régalée ! Des papiers peints, aux titres des albums lus par l’un des enfants en passant par des vêtements qui collent parfaitement à l’ambiance générale… Ça a été pour moi un vrai plaisir de m’attarder sur les planches !

Les Beaux Etés, c’est, pour moi, l’album feel good par excellence ! Un de ceux qui vous donnent le sourire, la pêche mais aussi l’envie de passer du temps dans son cocon familial. Bref, le cadeau parfait pour mettre au pied du sapin. A quand un second tome ?

Les avis de Noukette et Jérôme.

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574Chez Noukette

rentréelogo2015Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
5/6

Les Beaux Etés, tome 1 Cap au Sud !,
Zidrou et Lafebre,
Dargaud, 2015

Bouffon – Porcel & Zidrou

Moyen-Âge, dans le château du Comte d’Astrat.
Avec d’autres prisonniers, la jolie Anne est détenue et subit régulièrement les viols, les tortures de ses geôliers. Si aucun de ses enfants n’a survécu jusqu’alors, elle donne cependant naissance à Glaviot – un enfant difforme et laid. Celui-ci est alors donné en pâture à une chienne qui venait d’engloutir sa dernière portée. Miraculeusement, celle-ci l’épargne et ira même jusqu’à le nourrir.
Quelques années plus tard, le Comte, venu rendre visite à l’un de ses détenus, prend connaissance de l’enfant et décide de le mettre au service de sa fille Livia. Il deviendra son bouffon durant plusieurs années, toujours à ses côtés dans ses moindres déplacements… Et c’est tout naturellement qu’il tombera amoureux de la belle…

Rencontré à la Fête du Livre de Saint-Etienne, Francis Porcel m’a immédiatement dit que c’était une belle, une très belle histoire… Et il avait raison. En tournant en dérision un conte traditionnel, le duo nous offre un album très réussi.
J’ai beaucoup aimé l’utilisation d’un narrateur – lui-même prisonnier – pour nous raconter l’histoire d’Anne puis de son fils Glaviot. En utilisant un ton sarcastique, cynique, Zidrou nous épargne une histoire qui aurait pu tomber dans le pathos. Car le narrateur nous a bien prévenus à l’ouverture de l’album : il s’agira d’une histoire triste mais belle.
Dans cet univers sombre, rien n’est joué d’avance et je dois même dire que j’ai vraiment, vraiment été surprise de la tournure que prend l’histoire. A aucun moment, je n’aurais imaginé une telle fin… Tant et si bien, que je me demande si une seconde lecture n’est pas nécessaire pour mieux appréhender le fil de l’histoire… Oui Zidrou nous a bernés, piégés bien comme il faut… Quel talent !
Côté dessin, j’ai été également épatée. Graphiquement, on sent qu’on y est, on y croit parfaitement. L’utilisation de couleurs ternes retranscrit à merveille cette ambiance médiévale et dessert parfaitement les propos de l’ouvrage. Des couleurs bien différentes de la splendide dédicace que j’ai pu obtenir…

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Encore une fois, je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le travail de Zidrou… Une belle histoire, oui, mais pas que ! A découvrir sans plus attendre !

BD-de-la-semaine-saumon-e1420582997574Chez Un amour de BD

rentréelogo2015
Challenge 1% Rentrée littéraire chez Hérisson
3/6

Bouffon
Porcel & Zidrou, 
Dargaut, 2015